«-- Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum, acheté chez le meilleur parfumeur de la ville.»
Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
«-- Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies.»
"-- My beautiful dog, my good dog, my dear little doggie, come over and smell this excellent perfume, purchased from the best perfumer in the city."
And the dog, wagging his tail, which in these poor beasts, I believe, corresponds to laughter and a smile, approaches and sets his moist nose curiously on the opened perfume bottle; then, fearfully recoiling all of a sudden, he barks at me, in the manner of a reproach.
"-- Oh! Miserable dog, if I had offered you a package of excrement, you would have sniffed it with delight and perhaps even devoured it. Thus you, unworthy companion of my sad life, you yourself resemble the public, to which one must never present the delicate perfumes that infuriate it, but rather carefully chosen filth."
[Translation by Cat Nilan © 1999]