(LES PAUVRES par M. Moreau-Christophe) |
MENDIANTS. |
![]() "Qu'il n'y ait point de mendiants parmi vous," disait Moïse à son peuple. "Que celui qui refuse de travailler, ne reçoive point à manger," disait saint Paul, en ses épîtres. Malgré ces préceptes et les lois rendues par les empereurs contre la mendicité, la charité des premiers chrétiens attirait journellement une foule de pauvres aux portes des couvents, des églises et des maisons riches. Ceci nous est attesté par plusieurs écrits des troisième et quatrième siècles. "Jamais l'avidité des mendiants n'a été pareille, écrivait saint Ambroise, dans le deuxième livre de son Traité sur les devoirs des ministres. Il y en a qui feignent d'avoir des dettes, d'autres se disent dépouillés par des voleurs, etc. Il faut prendre d'exactes informations sur ces personnes." En France, dès le douzième siècle, les mendiants de profession étaient déjà devenus l'objet d'inquiétudes sérieuses dans les principales villes du royaume. C'était dans les groupes de ces vagabonds, que les voleurs, les assassins et les agents d'infâmes débauches allaient se recruter. "Dans ce siècle et encore longtemps après, on voyait, à Paris, dit l'historien Villaret, plusieurs enceintes remplies de cabanes servant de retraites à des misérables dont la seule occupation était de mendier pendant le jour et de voler pendant la nuit. On ne pouvait approcher de leurs repaires sans danger d'être maltraités. Quand ils sortaient, c'était pour exciter la compassion par des infirmités feintes, et comme ces infirmités disparaissaient aussitôt qu'ils étaient rentrés chez eux, les lieux où ils se retiraient furent appelés Cours des Miracles." D'après Dulaure, les pauvres, sous les Valois, formaient à Paris près du cinquième de la population. Ils demandaient l'aumône l'épée au côté. Les uns, les tire-laines, volaient des manteaux; d'autres coupaient des bourses; d'autres enlevaient des enfants pour les faire mendier. Ils enlevaient aussi des hommes pour les vendre aux recruteurs, et leur faire payer une rançon. Les citoyens, ainsi arrêtés, étaient tenus en chartre privée dans des maisons que l'on nommait fours. En 1634, on comptait encore vingt-huit de ces fours dans Paris. La physiologie de la mendicité a reçu peu d'altérations des changements introduits dans nos institutions nouvelles. Aujourd'hui, comme autrefois, "il est un grand nombre de gueux hypocrites qui, par des gémissements imposteurs et des infirmités factices, surprennent votre libéralité et trompent votre compassion. D'une voix artificielle, plaintive et monotone, ils articulent, en traînant, le nom de Dieu, et vous [p. 105] poursuivent dans les rues avec ce nom sacré; mais ces misérables ne craignent ni sa justice ni sa présence. Ils mentent à chaque passant. Entretenus par les aumônes, ils font semblant d'être souffrants, mutilés, pour se dérober au travail qu'ils détestent. On a vu des poltrons se couper un doigt pour se dispenser d'aller à la guerre. Eux, ils se couvrent de plaies hideuses pour attendrir le peuple; mais, quand la nuit vient, suivez ces vagabonds dans le cabaret reculé de quelque faubourg, lieu du rendez-vous; vous verrez tous ces estropiés, droits et dispos, se rassembler pour leurs bruyantes orgies. Le boiteux a jeté sa béquille, l'aveugle son emplâtre, le bossu sa bosse de crin; le manchot prend son violon, le muet donne le signal de l'intempérance effrénée. Ils boivent, ils chantent, ils s'enivrent; la licence la plus débordée règne dans ces réunions. Ils se vantent des impôts prélevés sur la sensibilité publique, de la violence qu'ils font aux âmes compattisantes et crédules. Ils se communiquent leurs secrets, ils répètent leurs rôles lamentables avec des éclats de rire licencieux. La communauté des femmes est en usage, comme à Lacédémone, parmi ces misérables, qui, dans une égalité scandaleuse, ne reconnaissent aucun principe, et ont dépouillé ces sentiments de pudeur qui semblent innés chez tous les hommes policés. Ils se félicitent des subsister sans rien faire, de partager tous les plaisirs de la société sans en connaître les charges. Les enfants qui proviennent de ces commerces infâmes et illicites sont adoptés par les premiers d'entre eux qui ont besoin d'un objet innocent pour exciter la pitié publique. Ils dressent leur voix enfantine à l'accent de la mendicité; et à mesure que l'enfant grandit, il transforme en métier la funeste éducation qu'on lui a donnée. Lorsqu'ils manquent d'enfants, ces misérables enlèvent ceux d'autrui. Alors ils contournent et disloquent leurs membres pour leur donner ce qu'ils appellent des jambes et des bras de Dieu. Cet infâme et criminel métier enrichissait autrefois plus encore qu'il n'enrichit aujourd'hui. On a vu des mendiants donner des 30 et 40,000 francs en mariage à leurs filles, et vivre chez eux très-commodément après avoir râlé une journée entière pour attirer des aumônes abondantes." Ce portrait du mendiant de Paris fut tracé en 1782. En voici un autre écrit en 1839: "La mendicité est la forme la plus sensible et la plus grossière de l'indigence solliciteuse. Elle s'adresse indifféremment à tous et à chacun; elle erre de porte en porte, de lieu en lieu; elle s'établit sur la voie publique, sur le seuil des temples; elle cherche les endroits les plus fréquentés; elle ne se borne pas à exprimer ses besoins, elle en étale les tristes symptômes; elle cherche à émouvoir par ses dehors autant que par son langage; elle se rend hideuse pour devenir éloquente; elle se dégrade pour triompher. Le mendiant quitte sa demeure, son pays même; il cherche des visages inconnus, des personnes qui ne l'ont jamais vu et qui ne le reverront jamais; il s'abreuve d'humiliations comme à plaisir: l'indigence alors ne reçoit plus des bienfaits, elle perçoit des tributs; elle ne doit rien à la charité, elle doit tout à la fatigue ou à la crainte." Les mendiants font une triste partie de l'humanité, mais enfin ils en font partie; et on ne saurait se défendre de leur accorder encore quelque indulgence quand on [p. 106] réfléchit que dans nos sociétés modernes, l'immense majorité des hommes naît entre une borne et un échafaud. Mais cette indulgence n'est due qu'à celui qui ne peut vivre du travail de son intelligence ou de ses mains. Lors donc qu'un homme n'a reçu de la nature que des bras, s'il est momentanément privé de leur usage par les infirmités physiques qui l'assiégent, par les accidents nombreux auxquels il est exposé et quelquefois même par les préventions de ses semblables, il se trouve tout à coup placé entre l'aumône, le crime ou la mort. Il commence à mendier par besoin, il continue par habitude. S'il est d'un tempérament disposé à s'allanguir, ses forces physiques diminuent, son moral se dégrade, et il n'offre plus de l'homme qu'une empreinte pâle et défigurée. Si sa vigueur résiste à l'habitude de la mendicité, il passe à celle du vol, et de celle-ci à des crimes plus grands. On a remarqué qu'on trouve rarement dans les dépôts de mendicité deux individus valides au-dessus de la taille de cinq pieds deux pouces. C'est qu'un taille avantageuse est une première fortune donnée par la nature. Et puis, l'homme d'une belle taille en a l'orgueil, et il aurait plus de peine qu'un autre à descendre au métier de mendiant. Par la raison contraire, on a retrouvé dans ces asiles, les infortunés qui étaient affligés d'infirmités extérieures qui rendaient leur aspect dégoûtant. Repoussés de partout, tout courage s'éteint dans leurs âmes, et ils emploient la difformité dont la nature les a affligés à la seule chose où elle puisse leur être utile, à implorer l'aumône de leurs semblables. Ils en contractent l'habitude, et finissent par se complaire dans cette disgrâce qui d'abord avait fait leur tourment. Si on abaisse les yeux sur les mendiants qui circulent dans les rues ou dans les places publiques, on reconnaîtra la verité de cette observation. La plus grande partie est affectée des infirmités dont on parle, et ceux qui ne les ont pas reçues de la nature trouvent le secret de les feindre. On a encore remarqué dans les dépôts de mendicité que, toutes choses égales d'ailleurs, les individus dont la couleur des cheveux est rousse ou blonde y sont plus nombreux que ne le comporte leur proportion, dans la société, avec les hommes dont les cheveux sont bruns. Le fait s'explique, quant aux hommes roux, par l'espèce de défaveur qui s'attache encore à eux en France; et, quant aux hommes blonds, par cette croyance commune que la couleur blonde des cheveux dénote un tempérament lymphatique, et que les hommes de ce tempérament ont, en général, moins de ressort dans le caractère et plus de propension à l'affaiblissement physique ou moral. On a aussi tiré des inductions de la couleur des yeux et de certaines habitudes du corps qui indiquent de la faiblesse dans l'organisation du cerveau, et une disposition à la monomanie. "On voit, dit à ce sujet M. le comte Beugnot, combien d'observations utiles ou curieuses se présentent en une matière trop dédaignée, et sur laquelle la physiologie aurait aussi le droit d'être entendue." Quant au mendiant véritablement valide, nulle excuse peut le justifier. Mendiant, il est, par cela seul, coupable; valide, il se confonde avec ceux qui ne le sont pas, et usurpe sa part de la pitié qu'excitent à bon droit les autres. Son existence est donc un vol permanent fait à la société. Dès qu'il vit, en effet, il dérobe, de quelque façon qu'il s'y prenne, le produit du travail des autres. Malheureusement [p. 107] la prison n'est point une peine pour le mendiant; c'est encore pour lui une manière de vivre au dépens d'autrui. Il y trouve à peine une gêne. Entrons dans la maison de répression de Saint-Denis; nous y trouverons de curieuses physionomies à étudier. Voici d'abord Constant, celui dont on a dit: "Il a beau se rouler dans les ruisseaux, il s'y lave au lieu de s'y tacher." Constant n'est jamais si rangé qu'en prison, où il a soin de venir lui-même quand on ne l'y amène pas. Il s'est attaché à cette maison comme l'escargot à sa coquille. Il a tellement pris ses habitudes ici, que rien ne lui plaît autre part. En captivité, c'est un cheval à l'ouvrage; en liberté, il ne voudrait pas bourrer des pipes à raison de 6 francs par jour. Près de lui, sur cette chaise, est le père Yart. Il a quatre-vingt ans à peu près. Regardez cette face, semblable à une tête de mort couverte d'un parchemin mouillé: si vous pouviez voir ce qu'il y a d'écrit au fond de ces rides, votre sang se glacerait d'effroi ... Cet autre, qui panse sa jambe au soleil, se nomme Lévêque. Étant libre, il a voulu détrôner Vidocq, dont il était un des plus fins agents; et ce dernier l'a fait enfermer à Saint-Denis, pour le restant de ses jours. Là aussi était Leblond ... Leblond n'a fait qu'un saut de Saint-Denis aux galères. Et pourtant, a-t-on vu jamais un être plus doux, meilleur, moins dangereux! Sans famille, sans métier, sans intelligence, sans passions, incapable de discerner le bien du mieux, et le mauvais du pire, en sortant du dépôt, il a rencontré des voleurs qu'il y avait connus, et il a volé. Si le hasard eût aussi bien placé un prêtre sur sa route, il eût servi la messe (1). En voici un autre: celui-ci a mendié toute sa vie: tout jeune enfant, il avait tendu la main aux passants, tranquillement assis sur les degrés du Pont-Neuf, entre une cage remplie de chiens et une marchande de décrets républicains; jeune homme, il avait eu le talent d'être assez contrefait pour se dérober à la gloire militaire de l'empire; il mendiait alors au nom de la royauté perdue et des malheurs de notre antique noblesse; quand la royauté nous fut rendue, il se fit soldat d'Austerlitz et d'Arcole, il tendit la main au nom de la gloire française et des revers de Waterloo (2); depuis la révolution de 1830, il se dit blessé de juillet, et montre aux passants le coup de feu qu'il a reçu dans les trois glorieuses. Voyez-vous là-bas cette espèce de fantôme, tantôt noir, tantôt blanc, tantôt gris? C'est une mendiante qui se tient voilée, avec deux petits enfants à son cou, et deux autres gisants à ses pieds. Sa main sale et son bras décharné s'allongent vers vous de dessous le haillon qui les couvre, lorsque vous venez à passer près de la borne, ou du réverbère, ou de l'arbre, ou du coin de rue où elle semble enracinée comme un terme. Vous passez froidement sans détourner la tête, et sans vous sentir ému du son de sa voix, parce que tant de misères feintes exploitent la charité publique, que votre bourse, comme votre coeur, reste fermée devant les misères réelles. [p. 108] La vanité est un mobile que ne manque jamais de faire agir le mendiant, car le mendiant exploite cette faiblesse du coeur auvec une habileté qui manque rarement de lui réussir. Son premier soin, avant de vous aborder, est de voir d'un coup d'oeil qui vous êtes; et si par hasard il a entendu prononcer votre nom, ou votre qualité, ou votre titre, il s'empresse aussitôt de vous asluer du même nom, de la même qualité, du même titre. Pour arracher à Sterne son dernier sou, le plus rusé des mendiants de Montreuil ne se donna d'autre peine que de l'appeler Milord. "Ce mot tout seul valait l'argent," dit Sterne (1). Que de fois, dans mes voyages, le bout de ruban de ma boutonnière a servi à dénouer les cordons de ma bourse: Monsieur le chevalier! C'est au dépôt de mendicité de Villers-Cotterets et dans la maison de répression de Saint-Denis qu'on enferme les pauvres valides trouvés mendiant dans les rues de Paris. Les impotents et les malades sont reçus dans les seize mille lits des hôpitaux de cette vaste cité, et les 400,000 francs de revenu de ses cinquante-quatre bureaux de bienfaisance secourent vingt mille pauvres à domicile. Depuis les mesures énergiques adoptées par le préfet de police Debelleyme, et rigoureusement suivies par ses successeurs, les rues, les quais, les ponts, les places publiques de la capitale ne sont plus souillés du hideux tableau qu'y présentait la mendicité étalant de toutes parts ses haillons et ses plaies, et poursuivant tous les passants de ses cris. Aujourd'hui, la mendicité ne trouve plus à s'y exercer qu'à la dérobée, sous les traits de jeunes Savoyards dansant en demandant un petit sou, ou de quelques vieilles gens, aveugles ou infirmes, vous offrant, au coin d'une borne, des épingles ou des allumettes chimiques. Mais la mendicité, refoulée de Paris, se répand dans la banlieue et dans les départements voisins. Elle harcèle surtout les voyageurs sur les grandes routes et à l'arrivée des diligences. Il y a des provinces qui n'ont aucun mendiant à elles, mais qui sont tributaires de tous les mendiants des environs. On peut citer, entre autres, le pays de Champagne, de Berry, où le paysan mène une vie presque primitive, et où les fermes sont organisées comme du temps des patriarches: ce pays ne fournit pas de pauvres, mais il en reçoit en grand nombre des contrées environnantes, qui viennent, chaque année, faire la quête. Il y a des mendiants dont le retour périodique est attendu à jour fixe. Ils arrivent avec des ânes chargés de paniers pleins de leurs enfants. On les héberge, on les reçoit au foyer de la famille, comme de vieilles connaissances; on écoute leurs histoires à la veillée, et l'on ne sait que par eux les événements de nos gazettes. Comme des cinquante-huit dépôts de mendicité qui existaient en France par suite du décret de l'empereur du 5 juillet 1808, il n'en reste plus que deux aujourd'hui, il en résulte que la mendicité est libre de tendre la main dans tous les lieux où il n'existe aucun établissement de ce genre, attendu que l'article 274 du Code [p. 109] pénal de la punit de trois à six mois d'emprisonnement qu'autant qu'elle trouve près d'elle un établissement créé pour obvier à ses besoins. C'est pour cela que les tribunaux sont impuissants à sévir contre ses importunités ou ses écarts. D'après des données qu'on a lieu de croire exactes, on évalue encore aujourd'hui à plus de 200,000 le nombre des individus qui se livrent chez nous à la mendicité; et pourtant nos tribunaux correctionnels n'en condamnent pas deux mille par année! Ceci est un grand mal qu'il est temps de songer à guérir ... Nous avons dit, page 71 de ce volume, en quoi les prostituées devaient être assimilées aux mendiants; nous devons ajouter ici que la prostitution trouve sa plus claire explication, comme la première de ses causes, dans l'abandon des filles séduites de la part de leurs séducteurs, dans les chagrins domestiques et les mauvais traitements des parents, dans le séjour des filles aux hôpitaux, dans la contagion morale des manufactures, dans la cessation des travaux des fabriques, dans le bas prix des salaires, enfin dans la position même que nos lois ont faite aux femmes ... Mais ne voyons-nous pas partout, dans ces causes de prostitution, le cachet de la misère? ne voyons-nous pas que la misère est la compagne qui toujours précède ou suit la débauche? Une autre circonstance qui prouve que la misère entre pour la plus grande part dans les causes de la prostitution, c'est le degré d'ignorance du plus grande nombre des malheureuses qui s'y livrent. L'instruction est à si bas prix aujourd'hui en France, qu'il faut que les parents soient dans le dénûment le plus absolu pour ne pas en procurer le bienfait à leurs enfants. Or, à Paris, où l'instruction a toujours été plus généralement répandue que partout ailleurs, on ne trouve qu'une fille tant soit peu instruite sur 223 d'entièrement ignorantes. Ce qui prouve encore que les prostituées ont surtout été amenées par la misère à leur métier dégradant, c'est que presque toutes appartiennent aux classes pauvres de la société. Ce qui le prouve encore, c'est que, à Paris, sur sept prostituées, il s'en trouve au moins une qui est fille naturelle, et que cette proportion, basée seulement sur les actes de naissance qu'on a pu se procurer, serait assurément beaucoup plus forte si elle comprenait le nombre considérable de celles sur lesquelles il n'est pas possible d'obtenir des renseignements authentiques, et dont par conséquent l'origine est incertaine. On sait du reste quelle est dans la capitale la destinée de ces filles: abruties par les mauvais traitements, la débauche, l'ivrognerie, la misère; impliquées dans des affaires de rixes, de vol, d'escroquerie; jetées tour à tour de la prison à l'hôpital ou à la maison, de refuge, quand elles ne succombent pas de bonne heure à de honteuses infirmités, elles vont terminer leur triste existence dans les hospices et dans les maisons d'aliénés. Les cent quatre-vingt-quatorze maisons de tolérance que l'on compte dans Paris ne sont donc que des asiles de misère; et s'il arrive parfois, ainsi que vient de l'attester un ancien préfet de police dans ses Mémoires, qu'il y a des jeunes filles ayant les moyens d'exercer une profession honnête, chez lesquelles un fatal esprit [p. 110] de vertige, ou un penchant effréné pour l'indépendance, ou enfin la paresse, agissent avec une telle force, que, sans avoir de faute à se reprocher, elles veulent passionnément devenir filles perdues, croyons que c'est là une rare exception, et que, dans l'ignoble galerie de portraits que le même préfet a eu l'étrange idée de faire faire de totues les filles de bas étage, il en est peu qui se soient vendues pour autre chose que pour se procurer un toit, des vêtements et du pain. |
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Notes, p. 108(1) Hippolyte Raynal, Malheur et Poésie, et Sous les Verrous. Note, p. 109(1) voir le chapitre des Mendiants de Montreuil dans ma traduction du Voyage sentimental, publié chez Dentu en 1828. |